Woman, un nouvel album produit par Zebo Adam à découvrir !

Le groupe Machiavel remonte sur scène pour interpréter ses trois premiers albums
26 juin 2017
Le rappeur américain Logic en concert à La Madeleine le 28 octobre
29 juin 2017

Woman, un nouvel album produit par Zebo Adam à découvrir !

Parfois, on a besoin de réponses simples. WOMAN préfère poser les questions, l’une d’elle étant “Où irez-vous quand la planète explosera ?”, qui est justement la première phrase de Dust, le titre d’ouverture de HAPPY FREEDOM, premier album du trio de Cologne.

Pensez-y : où irez-vous ? Si vous êtes capable de trouver une réponse simple à cette question, allez-y… Sinon, plongez-vous dans cet album qui prend aux tripes en quelques secondes à peine, entre des paroles poignantes et une musique puissante. “Is there something greater than dust?” demande une voix. Bien sûr : la cosmic electronic pop music.

HAPPY FREEDOM est produit par ni plus ni moins que Zebo Adam, le producteur de Bilderbuch. Cela fait déjà cinq ans que l’on attend le premier effort de ce groupe dont tout le monde parle, qui commença son aventure dans le sous-sol d’un bar du quartier belge de Cologne : à l’époque, les trois musiciens n’avaient même pas de nom de groupe, mais ils s’affirmèrent dès leur tout premier set : c’était fort, chaotique, mi-Einstürzende Neubauten, mi- Suicide. Ceux qui y ont assisté n’en croyaient pas leurs yeux : l’intensité de la musique et leur plaisir d’expérimenter ont tout balayé sur leur passage.

Dans « Concrete Jungle« , on assiste à la construction d’une ville, qui devient jungle de béton, peuplée par des gens aux identités fragmentées – mais il y a toujours de l’espoir. Le morceau pulse, Carlos chante d’une voix étrange, s’élevant vers le refrain tandis que Manu joue d’une guitare psyché funk. « Control » mélange beats disco et claviers Neo-R’n’B, amenant la question : “Et si le contrôle était, après tout, une illusion ?” « Love » commence comme du Muzak, mais fait face, en trois minutes, à plusieurs variations. Une guitare saturée apparaît soudain, et le refrain – avec un gros clavier – n’est joué qu’une seule fois, tandis que le second passage sonne comme si Stevie Wonder avait fait une escapade à Vienne.

Il est préférable d’acquérir HAPPY FREEDOM en vinyle, parce qu’on peut alors retourner le disque et découvrir “The Dark Side Of WOMAN”. « Money » décrit le capitalisme comme un système fasciste, les sirènes résonnent, le beat tombe, Manu joue un solo de guitare sensationnel, représentant le dernier sursaut de l’individu. « Khung Bo » est l’expression vietnamienne de la terreur ; c’est le pays d’origine de Manu. À nouveau, un homme résiste. Cette fois, l’ennemi est la peur qui paralyse la société. “Aujourd’hui, beaucoup de disques pop et électro manquent d’un message” regrette Carlos. “Je ne comprends pas qu’un musicien puisse occulter les problèmes de notre époque”, ajoute Manu. Le titre final, ‘The End » s’arrête plusieurs fois au cours de ses six minutes, comme si Sisyphe comprenait finalement la vacuité de ses actions.

Que commence l’âge de la psychedelic electro’n’disco-pop !

X